Lycée de l’Elorn. Plaidoyer ludique pour les maths.

Le scientifique Vincent Calvez a de nouveau suspendu ses recherches sur la biologie évolutive dans son labo de Lyon, pour partager sa passion des maths, en mode ludique, avec des élèves de 1re S du lycée de l’Elorn, lundi après-midi. L’occasion de valoriser une matière qui perdra en visibilité avec la réforme.

Vous intervenez, aujourd’hui, en classe de première S. Avec la réforme du bac, cette filière n’existera plus l’an prochain et les maths deviendront optionnelles (choix d’enseignement). Quels problèmes cela risque-t-il de poser ?

Je ne suis pas le mieux placé pour y répondre. Il faudrait poser la question aux enseignants mais, en tant que chercheur, je suis préoccupé pour la formation des métiers scientifiques. Si les maths ne sont plus identifiées, quel socle donner à ceux qui se révèlent au goût pour les sciences au lycée ? Moi-même, je l’ai découvert à ce niveau scolaire. Le risque serait de passer à côté de vocations. Et après, c’est dur à rattraper. On le voit, à la fac. Par exemple chez ceux qui veulent faire de l’informatique mais n’ont pas le bagage mathématique suffisant.

En même temps, ce seront les plus forts qui choisiront cet enseignement. Une classe remplie exclusivement de très bons en maths, n’est-ce pas un vieux rêve de prof de cette discipline ?

(il sourit) ça veut dire quoi être bon en maths ? Cela peut prendre plein de formes. J’ai été jury de concours d’entrée en grande école (normale sup’, par exemple). Nous étions moins attentifs aux candidats très très bons théoriquement et techniquement qu’à ceux démontrant de la créativité.

C’est, justement, cette aptitude à la créativité que vous stimulez en mettant les élèves au défi de résoudre ces jeux reposant sur des solutions mathématiques ?

C’est toujours un étonnement, de la part des profs, de voir des élèves, souvent au collège, accrocher à ces ateliers. Ils se prêtent au jeu.

Regarder différemment les maths, c’est une clé pour les apprécier ?

C’est en tout cas le message que nous essayons de faire passer. Des profs les utilisent ensuite dans leurs cours.

Publié dans Le Télégramme le 26-02-2019.

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