Lycée de l’Élorn. La SNCF met en garde les jeunes.

« Ne devenez pas le cauchemar d’un autre ». C’est le slogan de la dernière campagne de prévention du réseau SNCF. Pendant deux ans, une tournée est organisée dans l’ensemble des lycées français pour sensibiliser les élèves aux risques ferroviaires. Jeudi, trois agents de la SNCF, volontaires en milieu scolaire, se sont rendus au lycée de l’Élorn.

Durant une heure, les élèves de la classe de seconde C du lycée de l’Élorn ont écouté les propos de Mickaël Petit et Alain Dagorn, deux agents SNCF. Autour d’un diaporama, ils ont signalé les interdits et différents dangers auxquelles les jeunes peuvent s’exposer en pénétrant au sein d’un réseau ferroviaire. Les lycéens ont aussi résolu des « enquêtes ». En interrogeant des témoins, protagonistes, forces de l’ordre, ils devaient retrouver l’origine d’un accident s’étant déroulé dans ou près d’une gare. « C’est bien conçu comme procédé, il y a de l’interactivité avec les élèves, c’est intéressant », souligne Anne-Claire Sorel, professeure au lycée de l’Élorn.

Du concret
Ces deux hommes ont aussi connu le pire. Entre deux consignes, ils ont témoigné de leurs expériences professionnelles tragiques. « Je me souviens d’un jeune qui rentrait du festival Panoramas de Morlaix. Il est monté sur le toit d’un train, son ami regardait la scène et un arc électrique s’est formé entre la caténaire et lui. Une décharge à 24 000 volts ça ne pardonne pas. Il en est décédé », décrit Alain Dagorn.

Des histoires comme celle-ci, les deux agents en connaissent « des tonnes ». Le plus souvent, ce sont des jeunes qui sont mis en cause dans leurs récits. « C’est notamment dû à des défis lancés sur les réseaux sociaux, comme le train-surfing (une activité qui consiste à rester debout sur le toit d’une rame en mouvement) », reconnaît le troisième agent David Louarn. Lui, a déjà été confronté à la mort « une bonne quinzaine de fois ». « 99 % du temps, lorsqu’on arrive sur les lieux, ça se passe très mal », explique-t-il. Mal pour la victime, pour la famille, les amis et les agents eux-mêmes, premiers témoins de scènes qu’ils doivent gérer alors qu’ils ne sont très peu ou pas formés à ça.

 

EN COMPLÉMENT

La réalité virtuelle pour bousculer

Durant l’intervention, par groupe de trois, les élèves sont invités à se rendre dans un camion garé dans la cour du lycée. À l’intérieur, on entre dans un univers sombre, aux couleurs de la campagne de prévention de la SNCF, dominée par le noir et le rouge. Les élèves sont équipés d’un casque de réalité virtuelle ainsi que d’un casque audio. Le clip est ensuite lancé. « 2 h 38 », au-delà d’être le titre de la campagne de prévention, c’est l’heure à laquelle un témoin se réveille chaque nuit, hanté par les démons de l’accident auquel il a assisté sur une voie ferrée. Pendant 2’ 30’’, l’élève est emmené dans un cauchemar qui peut être difficile à gérer pour certains jeunes explique l’homme chargé de gérer le camion et l’expérience de réalité virtuelle : « Ça arrive que certains jeunes vivent mal ce procédé. Ça peut retourner des personnes », affirme-t-il. En général, l’expérience se passe bien et le clip, déconseillé au moins de 13 ans, sert uniquement à éveiller les consciences.
Publié dans Le Télégramme le 28/09/2018. 
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