Les BTS visitent l’exposition « Cheveux chéris » à Daoulas

Cinquante étudiants du lycée de l’Elorn en deuxième année de BTS « Développement et réalisation bois » et « Etude et Réalisation d’agencement » ont visité l’exposition « Cheveux chéris » à l’abbaye de Daoulas. C’était pour eux l’occasion d’enrichir leur culture générale sur l’un des thèmes au programme 2018-2019 consacré au corps naturel ou artificiel. Ils ont pu observer la diversité des pratiques en fonction des époques, des sociétés et des modes et réfléchir à leurs significations symboliques. Au retour, nous leur avons demandé de choisir un objet ou une image, d’en faire la description et d’établir le lien avec le thème au programme. Voici quelques exemples de comptes rendus (images publiées avec l’aimable autorisation de M. Nédélec, chargé d’exposition).

Exposition « Cheveux chéris » à l’abbaye de Daoulas (15 juin 2018 – 06 janv. 2019)

La photographie de Brigitte Fossey par Sam Lévin (Laura, BTS2DRB)

La photographie représente Brigitte Fossey, actrice française populaire, prise par Sam Lévin, photographe français d’origine russe. Sam Levin est connu pour ses photographies de plateau et ses portraits de vedettes de cinéma.

Sur cette photographie, Brigitte Fossey nous dévoile une figure innocente, un regard doux, des cheveux d’ange et un léger sourire sur un fond rose pastel assez clair. Cette photographie a été prise en 1967 ; Brigitte Fossey n’était alors qu’une jeune adulte de 21 ans.

Ce portrait adoucit le regard qu’on y porte. Ses cheveux blonds lui donnent un air pur et son visage est attendrissant. Ce tirage est également apaisant grâce à un léger floutage sur les bords. Cela aide à concentrer le regard sur elle.

Ce tirage présenté dans l’exposition « cheveux chéris » propose un portait en dehors des stéréotypes sur les femmes blondes. Dans les croyances médiévales en Europe, la femme blonde est l’épouse légitime, la femme brune la maîtresse. A cette époque le cheveu blond n’avait pas plus de succès que le cheveu brun. La couleur de cheveux ne définissait pas le caractère.

C’est a partir des années suivantes que la femme blonde a été vue comme une femme naïve, avec des airs de princesses. Il s’en est suivi de nombreuses représentations, telles que des poupées à leur effigie, ou des personnages de films, toutes plus dévalorisantes pour la femme blonde vue par la société.

Or ce portrait reste en dehors de ces stéréotypes par la façon dont il est réalisé. Brigitte Fossey est bien coiffée, elle paraît intelligente, sans avoir cet air « naïf ». Elle ne montre pas non plus un sourire ou un regard idiot.

On pourrait faire le lien avec le thème  « Corps naturel- Corps artificiel ». En quoi les femmes blondes seraient-elles moins crédibles que les autres ?  

On peut également remarquer que ces clichés ne s’appliquent pas à l’image de l’homme blond, à qui on accorde intelligence et beauté. La couleur de cheveux fait partie des gènes. Chaque personne est différente et la couleur de cheveu ne fait en aucun cas la personnalité de l’humain.

Brigitte Fossey par Sam Lévin

Après le bain de Louis-Henri Nicot (Thibaut B, BTS 2DRB)

La statue a été réalisée en 1911 par Louis-Henri Nicot, un sculpteur Rennais médaillé d’or au salon des artistes Français. La plupart de ses œuvres sont conservées au musée départemental breton, à Quimper. Cette œuvre est  en marbre et représente une jeune fille sortant du bain, image classique du charme dans l’intimité des cheveux encore dénoués.

La métamorphose du cheveu peut avoir plusieurs significations, religieuses ou esthétiques, selon l’époque ou la profession que l’on exerce. Un militaire a souvent les cheveux rasés, les prêtre aussi  : cela correspond à un code ou à une moralité qu’un individu affiche.

Pour l’œuvre que j’ai choisie, le cheveu est représenté comme naturel et intime, voire sensuel. A cette époque, les femmes avaient souvent les cheveux attachés et donc le fait de les détacher et de les dévoiler est un effet de sensualité et de provocation.

Le cheveu est un élément intime qui révèle la personnalité d’un individu et surtout envoie une information aux personnes qui nous entourent. Cela créé des stéréotypes et on colle des étiquettes au premier regard sans savoir vraiment la personnalité de la personne. Dans cet œuvre en l’occurrence on peut dire que c’est une femme sensuelle du fait de sa posture et de ses cheveux détachés.

Après le bain de Louis-Henri Nicot, 1911

Jeune bretonne (mode de Fouesnant – Pont Aven), Cesare LAPINI, marbre, vers 1880 (Denez, BTS 2DRB)

L’œuvre que j’ai choisie représente une jeune bretonne avec un costume du pays de l’Aven. C’est un buste en marbre. Bien qu’en couleur sur la photo, il était blanc à l’exposition et protégé par une cloche de verre.

D’après le panneau introduisant l’exposition, les coiffes ont deux fonctions essentielles qui sont de protéger des intempéries et de dissimuler les cheveux des femmes : de même que pour le voile, on cache un outil de séduction naturel. De ce fait, on créé par la tenue, un corps privé en famille lorsque la femme peut retirer son voile ou sa coiffe et un corps public qui doit correspondre à certains codes culturels. On a donc deux aspects de la femme qui peut exposer ses attributs naturels tels que ses cheveux à son mari et à sa famille, mais qui doit se revêtir d’artifices pour les cacher au monde extérieur au cercle familial.

On peut donc faire le lien entre cette œuvre et le thème « Corps naturel- Corps artificiel », mais aussi avec le thème « Seul avec tous » car si la femme cache son corps pour suivre des codes culturels, elle doit cacher une partie de sa personnalité, exprimée par ses différences capillaires, réservées au cercle familial ou à l’intimité de son couple. La femme est isolée du monde extérieur pour n’exister pleinement que dans la famille. Cela rappelle le contexte de la fin du XIXe siècle, ou la femme lors du mariage, passait de la tutelle de son père à celle de son mari. Mais on pense également à l’actualité du port du voile dans le monde.

Jeune bretonne (mode de Fouesnant – Pont Aven), Cesare LAPINI, marbre, vers 1880

Maurice Teissonnière, Femme Mérina en deuil, (Jonathan, BTS2 DRB)

Cette photographie en noir et blanc de Maurice Teissonnière (actif de 1880 à 1910) est la reproduction d’un tirage sur papier aristotype, en 1932, par M-G Grandidier. Cette photo provient du musée du Quai Branly, à Paris. L’image montre qu’à Madagascar la tradition veut que pour porter le deuil de son mari, la veuve ne se lave plus. Elle doit être sale, porter des vieux vêtements même déchirés, elle doit détresser ses cheveux et les laisser échevelés pendant un an, afin d’être repoussante. Ainsi aucun homme ne sera tenté de lui faire la cour. Cette tradition permet à la veuve de rendre hommage à son mari décédé.

Maurice Teissonnière, Femme Mérina en deuil, 1880-1909. Reproduction d’un tirage sur papier aristotype.

William S Burroughs in his garage, Annie Leibovitz,1995 ( Mael BTS2 DRB)

La photographie, réalisée par Annie Leibovitz en 1995, présente le portrait de l’écrivain américain William Burroughs, qu’elle rencontra dans sa maison au Kansas.

Cette photographie en noir et blanc sur fond noir accentue la puissance du visage et permet de révéler des détails intéressants que l’homme exprime à travers son âge : il avait alors 81 ans. Elle introduit notre nouveau thème qu’est le corps naturel ou artificiel car, à travers ce portrait de Burroughs, on voit que l’on est tous touchés par l’effet direct du temps sur la peau, les rides et la pertes de cheveux.

Souvent chez les personnes âgées, on observe des dérèglements physiologiques. Le cuir chevelu de cet homme est peu garni à cause de son âge. Cela renforce les traits de la vieillesse. Le fait qu’il n’ait quasiment plus de cheveux renvoie directement à l’idée de la faiblesse car, comme nous avons pu l’apprendre durant la visite de l’exposition, le cheveu crée un sentiment de supériorité.

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