Au F@blorn, le numérique devient objet réel

Concentration d’ordinateurs, d’outils de production numérique mais aussi d’idées et de savoirs en partage, un « fablab » associatif s’ouvre à tous publics, au lycée de l’Elorn.
« C’est mieux de bricoler ici, dans ce lieu de rencontre intergénérationnelle, que tout seul dans sa cave », sourit Daniel Aufère. « Ce fablab, c’est une super bonne idée. Je l’attendais depuis longtemps ». Mercredi soir, le retraité landernéen de l’industrie automobile projetait de tester une machine graveuse et de découpe laser sur un isolant en polystyrène. Bidouille que seul cet endroit hors du commun pouvait lui permettre.

 


Daniel Aufrère, retraité de l’industrie automobile, se réjouit de l’ouverture d’un lieu aussi propice à la matérialisation de projets numériques, à Landerneau.

« Nous mettons à disposition du matériel que l’on ne retrouve pas dans les foyers, en raison de leurs coûts. Les imprimantes 3D produisent des objets plus volumineux, la découpe laser fonctionne pour tous types de matières (sauf l’acier). Il y a aussi des fraiseuses numériques », énumère Gaëtan Maléjacq, l’un des deux fondateurs de l’association F@blorn.

 

Le fablab met à disposition du matériel de grande précision, comme cette imprimante 3D.

Franchir l’enceinte du lycée
Mercredi dernier, entre 18 h à 20 h, le labo de conception et de fabrication numérique a attiré une petite dizaine de personnes. Pas mal du tout pour un lieu seulement ouvert la semaine précédente au grand public. Qui plus est dans l’enceinte pas évidente à franchir d’un lycée. Pour cause, l’association F@blorn se greffe au fablab de l’établissement secondaire public, inauguré en janvier 2019 à l’attention des élèves. Notamment ceux engagés dans des challenges de robotique. Gaëtan Maléjacq et l’autre cofondateur de l’asso, Yannig Salaün, exercent d’ailleurs à l’Elorn, le premier comme prof de science de l’ingénieur, le second comme prof de maths.

Piste de déménagement…
La convention d’hébergement du lycée autorise l’usage du matériel numérique mutualisé dans la grande salle (12 000 € d’investissements). Cependant, l’accès se restreint aux heures de présence administratives dans un établissement qui ferme ses portes lors des vacances scolaires. Voilà pourquoi la piste d‘une installation dans le vieux bâtiment proche de la grille d’entrée principale, lequel donne directement sur la rue Pengam, suscite l’intérêt des deux collègues.

… et de développement
Ils y projettent la possibilité d’élargir les plages d’ouverture, de recruter un permanent, de densifier le programme d’ateliers de découvertes des outils numériques et au global, de générer des passages plus nombreux, plus réguliers, des échanges et des innovations. Pas pour rien que The Corner, la plate-forme d’accueil de start-up du numérique basée au manoir de Keranden, donc tout près de l’Elorn, soutient à fond ce projet voisin.

« Il n’y a pas que la prog’»
Ce n’est pas la seule. Des bénévoles de la Maison du libre tire déjà avantage d’une structure qui partage avec eux l’usage de logiciels libres : « On aime bien le côté pratique du lieu. Il n’y a pas que de la programmation », apprécie Christian Jacolot, portant sous le bras des figurines de décos de Noël en carton qu’il aimerait reproduire en plastique. Ouvert à tous et à toutes les idées.

Christian Jacolot (bénévole à la Maison du Libre) trouve un prolongement pratique à ses affinités avec les logiciels en usages libres et matériels informatiques à bricoler soi-même.

Pratique
Association F@blorn, au lycée de l’Elorn, accessible le mercredi, de 18 h à 20 h (en attendant mieux).

Adhésion : 20 € les six mois, 30 € l’année + facturation des coûts d’utilisation des machines numériques.

Contact : 06 16 45 29 03,

contact@fablorn.net.

 

Publié dans « Le Télégramme » , le 30 janvier 2020.

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